La seule voiture japonaise de série à V12. Limousine de l’empereur, des PDG et des parrains — le luxe nippon dans ce qu’il a de plus discret et de plus intransigeant.
Le silence, d’abord. Puis la fermeture d’une portière lourde comme celle d’un coffre-fort, une sellerie en laine plutôt qu’en cuir, un phoenix doré sur la calandre. La Century ne cherche pas à impressionner : elle est la voiture de ceux qui n’ont plus rien à prouver. Empereur, PDG, parrains — et un V12 que personne n’entend.
La Toyota Century est présentée en novembre 1967 comme limousine de très haut de gamme réservée quasi exclusivement au Japon, conçue pour concurrencer la Nissan President et célébrer le centième anniversaire de Sakichi Toyoda, fondateur de Toyota Industries. Dérivée de la Crown Eight, dotée d’un emblème de phoenix doré (Hō’ō) associé à la Maison impériale et assemblée de façon semi-artisanale à Higashi-Fuji, elle se veut d’emblée une voiture d’État d’une longévité extrême — la première génération restera au catalogue trente ans.
La première génération (1967-1997) ne propose que des V8 essence de la famille « V », d’abord un 3,0 l porté à 3,4 l en 1973 puis à 4,0 l en 1982. Propulsion classique à moteur longitudinal avant, elle mise tout sur le confort ultime : suspensions très souples, insonorisation poussée, sellerie en laine réputée plus confortable que le cuir, et configurations « limousine » avec séparation chauffeur.
La deuxième génération GZG50 (1997-2017) marque une étape historique : la Century devient la seule voiture japonaise de série dotée d’un V12, le 1GZ-FE de 5,0 l développé spécialement pour elle. Officiellement 280 ch (bridage volontaire), il vise la douceur absolue plus que la performance. La ligne reste très formelle pour ne pas démoder les voitures des dignitaires, et la production demeure minuscule : environ 9 573 exemplaires. Sur le marché de collection européen, les Century importées sont rarissimes.
Parce que c’est un objet de culture autant qu’une automobile : statut, protocole, ingénierie unique (le seul V12 japonais de série), assemblage semi-artisanal et confort feutré introuvable ailleurs. C’est le luxe japonais dans sa version « old money », à contre-courant du bling occidental, que peu de gens savent lire.
Et parce que sa rareté extrême en Europe s’accompagne d’une cote encore raisonnable pour une V12 de représentation. Le sujet, c’est un import propre : sans corrosion cachée, électronique de confort testée depuis la place arrière, et disponibilité vérifiée des pièces spécifiques.





Le conseil du connaisseur : pour le symbole et la mécanique unique, viser une GZG50 V12 d’origine, noir protocolaire, sellerie laine, historique corporate limpide.
| Moteur | V8 essence 3,0–4,0 L (1re gén.) · V12 1GZ-FE 5,0 L (2e gén. GZG50) |
| Puissance | ≈ 150 ch (V8 3,0 L) · 280 ch officiels (V12, bridé JDM) |
| Couple | ≈ 460–480 Nm (V12 1GZ-FE, non officiel) |
| Transmission | Propulsion |
| Boîte | Automatique (3 puis 4/6 rapports selon génération) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 11–13 s (V8) · ≈ 8–9 s (V12), non chiffré par Toyota |
| Vitesse max | ≈ 180–200 km/h (V12, limitée électroniquement) |
| Poids | ≈ 1 700 kg (V8 3,0 L) → 1 800–2 000 kg (V12) |
| Production | 1re gén. 1967–1997 · 2e gén. V12 : 9 573 ex. (1996–2016) |
En Europe, les Century sont très rares et presque exclusivement des importations japonaises. Les prix varient fortement selon la version (V8 ancienne bien moins chère que V12), la boîte (automatique d’origine mieux perçue que les conversions), l’origine (ex-corporate japonais haut de gamme valorisé), l’état carrosserie et châssis (corrosion, reprises de peinture) et la disponibilité de la documentation et des pièces spécifiques :
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Oui : la deuxième génération (GZG50), produite de 1997 à 2017, est équipée du V12 1GZ-FE de 5,0 litres développé spécifiquement pour ce modèle. C’est la seule voiture japonaise de série dotée d’un V12, avec une puissance annoncée de 280 ch en raison de la limitation volontaire au Japon.
Non : la Century a été conçue pour le marché japonais et commercialisée presque exclusivement au Japon. Les exemplaires visibles en Europe proviennent d’importations individuelles ou de spécialistes qui récupèrent des voitures d’occasion au Japon, d’où leur rareté et leur valeur de collection.
Toyota a choisi un renouvellement très lent : la première génération est restée en production 30 ans (1967-1997), la seconde près de 20. L’idée est d’offrir aux dignitaires et institutions une voiture à l’image stable et intemporelle, qui ne se démode pas tous les cinq ans, contrairement aux berlines de luxe plus mondaines.
La Century est la limousine de prestige historique et protocolaire pour le marché intérieur japonais (PDG, politiciens, Maison impériale), tandis que Lexus vise une clientèle internationale et sert de vitrine technologique et commerciale mondiale, notamment avec la LS.
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia — Toyota Century · Motor1 France — Toyota Century, la limousine impériale japonaise à V12 · Toyota Global — Vehicle Lineage, Century · Le Nouvel Automobiliste — Toyota Century : exclusivité, luxe et intemporalité.