La mal-aimée qui prend enfin sa revanche : flancs striés façon mini-Testarossa, V8 longitudinal rageur, boîte en grille et zéro assistance. La dernière Ferrari brute — et la moins chère à porter le Cavallino en berlinette.
Pendant vingt ans, on lui a tout reproché : le train arrière piégeux, la finition inégale, la comparaison assassine avec la Honda NSX. Et pourtant. La 348, avec ses flancs striés façon mini-Testarossa, son V8 longitudinal qui hurle jusqu'à 7 000 tr/min et sa boîte en grille sans la moindre assistance, est en train de prendre sa revanche. C'est la Ferrari brute de la génération 90 — la première pensée après Enzo, la dernière encore vraiment analogique. Longtemps snobée, elle est aujourd'hui le ticket le plus malin pour porter une berlinette au Cavallino.
Présentée à Francfort en 1989 pour remplacer la 328, la 348 occupe le rôle de berlinette V8 d'entrée de gamme — mais avec un langage stylistique tout neuf, directement emprunté à la Testarossa : prises d'air latérales à stries, poupe large et horizontale. C'est la première Ferrari de série entièrement conçue après la mort d'Enzo, et la dernière développée sous son ère. Une place symbolique unique dans l'histoire de Maranello, sur un châssis tubulaire fidèle à la lignée 308/328.
Techniquement, la 348 inaugure pour les V8 Ferrari l'architecture moteur longitudinal / boîte transversale — d'où les appellations tb (Transversale Berlinetta) et ts (Transversale Spider/targa). Le V8 Tipo F119 de 3,4 L, double arbre à cames par banc et quattrovalvole, géré par Bosch Motronic, sort 300 ch sur les premières versions puis 320 ch sur les GTB/GTS/Spider. C'est aussi la dernière Ferrari de route à boîte manuelle 5 uniquement, en grille, et sans direction assistée ni airbag sur l'essentiel de la production.
Produite jusqu'en 1994-1995 à environ 9 700 exemplaires — coupé tb, targa ts, Spider tardif, puis les précieuses GTB/GTS phase 2 — la 348 abat le 0-100 en 5,4 à 5,6 s et frôle les 280 km/h. Longtemps éreintée par la presse et écrasée par sa remplaçante F355, elle s'est muée en youngtimer culte : les mêmes médias qui la démolissaient célèbrent aujourd'hui son caractère brut, son style Testarossa assumé et son statut de charnière entre l'ère analogique et l'ère moderne de Maranello.
Parce que c'est la Ferrari du caractère brut : un V8 qui ne pardonne pas la conduite molle, une boîte en grille qui récompense le talon-pointe propre, un train arrière qui exige des mains — et un style Testarossa qui n'a jamais aussi bien vieilli. Rouler en 348, ce n'est pas poser, c'est s'engager. C'est aussi acheter la dernière berlinette V8 vraiment analogique de Maranello, à un moment où le marché commence enfin à la reconnaître.
Et parce qu'elle reste le ticket le plus accessible pour une berlinette au Cavallino, nettement sous la F355 et la 360 à état comparable. Mais 'accessible à l'achat' ne veut pas dire 'accessible à l'entretien' : la dépose moteur pour la grosse révision, la corrosion sournoise et l'électricité capricieuse peuvent transformer une bonne affaire en gouffre. Une 348 saine et documentée est un placement plaisir malin ; une 348 bradée sans historique est un piège.
Le conseil du connaisseur : à budget donné, une GTB/GTS phase 2 (320 ch, châssis affûté) prime sur une tb/ts phase 1 — mais une phase 1 saine, matching numbers, dossier limpide et géométrie parfaite vaut mieux qu'une phase 2 fatiguée. Fuir les pseudo-Challenge maquillées.
| Moteur | V8 90° atmosphérique 3 405 cm³ Tipo F119, quattrovalvole, Bosch Motronic, central arrière longitudinal |
| Puissance | 300 ch à 7 200 tr/min (tb/ts) · 320 ch (GTB/GTS/Spider) |
| Couple | ≈ 324 Nm à 4 200 – 5 000 tr/min |
| Transmission | Propulsion, boîte transversale (moteur longitudinal) |
| Boîte | Manuelle 5 rapports à grille (dernière Ferrari uniquement boîte 5) |
| 0 – 100 km/h | ≈ 5,6 s (300 ch) · ≈ 5,4 – 5,5 s (320 ch) |
| Vitesse max | ≈ 275 km/h (tb/ts) · ≈ 280 km/h (GTB/GTS/Spider) |
| Poids | ≈ 1 500 kg à vide |
| Production | ≈ 9 700 (8 844 tb + ts, ~1 100 Spider, plus GTB/GTS) |
Longtemps sous-cotée, la 348 remonte. Le prix se joue sur la version (GTB/GTS et Spider phase 2 en tête, puis tb/ts), la phase (2 > 1 à état égal), la santé du châssis et de la géométrie, la récence de la grosse révision (courroies moteur sorti, embrayage), l'origine (VO européen plutôt qu'import US converti) et l'originalité (échappement, jantes, absence de faux look Challenge). Marché France / Europe 2026 :
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Les premières 348 tb et ts développent 300 ch à 7 200 tr/min (V8 3,4 L Tipo F119). Les dernières 348 GTB, GTS et Spider reçoivent une évolution portée à 320 ch, avec un léger gain de performance (0-100 en ≈ 5,4-5,5 s, ≈ 280 km/h). Ce sont donc les versions phase 2 qui sont à la fois les plus rapides et les plus abouties.
À sa sortie, la presse a critiqué son train arrière jugé piégeux sur le mouillé, une finition inégale et l'a comparée défavorablement à la Honda NSX puis à sa remplaçante F355. Ces reproches ont plombé sa cote pendant des années. Aujourd'hui, le regard a changé : on célèbre son caractère brut, son style Testarossa et son statut de première Ferrari post-Enzo — exactement ce qui en fait sa valeur.
La phase 2 (320 ch, suspensions et rigidité revues, finition rehaussée) est techniquement supérieure et plus recherchée, donc plus chère. Mais l'état prime sur la version : une tb/ts phase 1 saine, matching numbers, géométrie parfaite et dossier complet vaut mieux qu'une GTB fatiguée. Le bon réflexe : viser la meilleure auto dans son budget, pas seulement le meilleur sigle.
Pour une Ferrari de son époque, oui, si l'entretien est scrupuleux : grosse révision avec dépose moteur à jour, refroidissement irréprochable, faisceau électrique surveillé, trains roulants entretenus. Les coûts restent élevés et ce n'est pas une auto pour la ville tous les jours ; elle s'épanouit en usage plaisir, suivie par un spécialiste Ferrari. La négligence, elle, se paie très cher.
C'est notre métier sur ce modèle piégeux : corrosion cachée derrière les jupes, grosse révision en retard, faisceau bricolé, fausses Challenge. On lit le dossier, on recoupe les numéros et la configuration avec les archives, on fait contrôler la coque sur pont, la géométrie et la santé du V8 par un spécialiste. Écrivez-nous sur WhatsApp votre budget, phase 1 ou phase 2, coupé ou targa — on trie la bonne.
Dites-nous votre budget et vos critères — on part la chercher pour vous.
◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia — Ferrari 348 · Ferrari.com — fiche Ferrari 348 tb · L'Automobile Ancienne — Ferrari 348 · Autoencyclopedie — Ferrari 348 · Mecanicus — Focus Auto : Ferrari 348.