Le coupé deux places qui a osé défier la Corvette. L'outsider d'AMC face à Detroit — 19 134 exemplaires, un V8 maison et zéro complexe.
Detroit avait ses géants. AMC, lui, avait du culot. En février 1968, le plus petit des constructeurs américains dévoile un coupé deux places en acier — le premier depuis la Ford Thunderbird 1957 — et va le garer, sans trembler, juste à côté de la Chevrolet Corvette. L'AMX, c'est le muscle car de ceux qui refusent de suivre le troupeau.
Présentée officiellement le 24 février 1968 aux 24 Heures de Daytona, l'AMX (pour American Motors eXperimental) est dérivée de la Javelin dont on a raccourci l'empattement de 12 pouces et supprimé la banquette arrière. Résultat : un coupé strictement deux places, empattement d'environ 97 pouces — presque identique à celui de la Corvette — mais à un tarif nettement inférieur. AMC ne cache pas son ambition : offrir une sportive américaine crédible, plus accessible que la reine de Bowling Green.
Sous le long capot, toujours un V8 AMC « maison ». Particularité de la marque : pas de distinction small-block / big-block, tous les moteurs partagent le même bloc, décliné en 290, 343, puis 360 et 390 ci. Les 290, 343 et 390 reçoivent un carburateur quadruple corps, avec la boîte manuelle Borg-Warner 4 rapports de série et une automatique 3 rapports en option. Le haut de gamme 390 ci (6,4 L) annonce 315 ch en 1968-1969, puis environ 325 à 330 ch en 1970, pour un couple généreux proche de 576 Nm.
Avec environ 1 400 kg sur la balance (3 100 lb), l'AMX 390 abat le 0 à 100 km/h en 6,5 à 6,9 s, passe le quart de mile en 15,2 s et frôle les 200 km/h : du très sérieux pour l'époque. Malgré des essais presse élogieux et une image de « Corvette à prix réduit », le succès commercial reste confidentiel — 19 134 exemplaires en trois ans seulement. En 1970, la version deux places disparaît et le badge AMX devient une simple finition sportive sur la Javelin quatre places. C'est précisément cette carrière courte et cette rareté qui font aujourd'hui la désirabilité des millésimes 1968-1970.
Parce que c'est un muscle car qu'on ne croise presque jamais. Le coupé deux places en acier, la production riquiqui, le blason d'un constructeur indépendant qui a défié les Big Three : tout ce qui manque à une Mustang de série se trouve ici. L'AMX ne cherche pas à impressionner la majorité, elle parle aux connaisseurs.
Et parce qu'une vraie 390 ci à boîte manuelle, matching numbers, Go Package et teinte Big Bad d'époque, est une pièce recherchée dont l'offre est structurellement limitée. À condition — et c'est tout l'enjeu — de ne pas payer le prix d'une authentique pour une AMX reconstituée : moteur greffé, options ajoutées, badges rapportés.
Le conseil du connaisseur : viser une 390 ci à boîte manuelle, matching numbers, Go Package et teinte Big Bad documentée. C'est cette configuration, et elle seule, qui tire la cote vers le haut.
| Moteur | V8 AMC 90° à carburateur quadruple corps — 290, 343, 360 (dès 1970) et 390 ci (6,4 L) |
| Puissance | 315 ch (390 ci, 1968-69) · ~325-330 ch (1970) · ~280 ch (343 ci) · ~225-235 ch (290 ci) |
| Couple | ≈ 576 Nm (390 ci, chiffre constructeur) |
| Transmission | Propulsion, boîte manuelle Borg-Warner 4 rapports de série |
| Boîte | Manuelle 4 rapports · automatique Borg-Warner 3 rapports en option |
| 0 – 100 km/h | ≈ 6,5 – 6,9 s (390 ci) |
| Vitesse max | ≈ 200 km/h (390 ci) |
| Poids | ≈ 1 400 kg (3 100 lb) |
| Production | 19 134 ex. (6 725 en 1968 · 8 293 en 1969 · 4 116 en 1970) |
L'AMX authentique deux places est rare, surtout en Europe où les importations d'époque ont été limitées. Le prix se joue sur le millésime, le moteur (390 ci en tête), la boîte (manuelle nettement mieux cotée), le pack Go, l'authenticité (matching numbers, teinte et options d'origine documentées) et l'état de la coque :
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La Javelin est un coupé quatre places à empattement long ; l'AMX 1968-1970 en est la version raccourcie de 12 pouces, strictement deux places, pensée comme une GT sportive. Elle garde la base Javelin mais avec un empattement d'environ 97 pouces, une carrosserie spécifique et une vocation plus radicale. Après 1970, le nom AMX devient une simple finition appliquée à la Javelin quatre places.
En 1968-1969, trois V8 AMC à carburateur quadruple corps : 290 ci (~225-235 ch), 343 ci (280 ch) et 390 ci (315 ch). En 1970, le 343 laisse place à un 360 ci (~290 ch) et le 390 grimpe à environ 325-330 ch. Tous partagent le même bloc AMC, sans distinction small-block / big-block.
19 134 exemplaires deux places entre 1968 et 1970 : 6 725 en 1968, 8 293 en 1969 et 4 116 en 1970. Les collectionneurs apprécient particulièrement les 1969 (millésime le plus diffusé, palette et options riches) et les 1970 (mécanique la plus évoluée, restylage), mais les 1968 de première série conservent un intérêt historique fort.
Oui : avec seulement 19 134 exemplaires, elle est bien plus rare qu'une Mustang ou une Camaro, et encore davantage en Europe. La mécanique AMC reste trouvable via les réseaux spécialisés américains, mais certains éléments de carrosserie et d'intérieur propres au deux places sont difficiles ou coûteux à remplacer. L'entretien courant reste accessible à un atelier habitué aux américaines.
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Le Blog Auto — Histoire des Muscle Cars : AMC AMX · Revue Automobile (CH) — US-Cars : AMC AMX · Wikipedia — AMC AMX · RPM-Autopassion — AMC AMX 1968-1969.