Un V8 de compétition dérivé de la Tipo 33, une robe Gandini de concept-car, et à peine 3 900 exemplaires. La supercar Alfa que tout le monde a oubliée — et que les connaisseurs s'arrachent.
Des volets rétractables qui masquent à demi les phares, de fausses prises d'air qui strient les flancs, une ligne signée Marcello Gandini chez Bertone — et sous ce capot, un secret : un V8 dérivé de la Tipo 33 de course. La Montreal n'est pas une Alfa comme les autres. C'est un concept-car d'Expo 67 qui a réussi à prendre la route, une GT italienne à moteur de prototype qu'on peut encore, aujourd'hui, s'offrir sans être Crésus.
Née comme prototype à l'Exposition universelle de Montréal en 1967, la future Montreal est conçue par Bertone et dessinée par Marcello Gandini pour incarner « la plus haute ambition de l'homme en matière d'automobiles ». Le succès du concept pousse Alfa à développer une version de série, dévoilée au Salon de Genève 1970, la production démarrant en 1971. Le nom « Montreal » et une teinte spécifique, le « vert Montréal », rappellent directement l'exposition canadienne.
Techniquement, c'est un coupé 2+2 à moteur avant et propulsion, sur une base de Giulia / GTV revue mais greffée d'un moteur de compétition dérivé de la Tipo 33 : un V8 à 90° de 2 593 cm³, quatre arbres à cames en tête, injection mécanique Spica, développant 200 ch DIN à 6 500 tr/min et environ 235 Nm. La boîte est une manuelle ZF 5 rapports, la pointe avoisine 220–222 km/h et le 0 à 100 tombe entre 7,1 et 7,7 s selon les mesures. Le châssis reste proche d'une berline Alfa, mais nettement raffermi, avec quatre freins à disques ventilés.
Produite de 1971 à 1977, la Montreal ne sera construite qu'à environ 3 900 à 3 925 exemplaires — très loin des 10 000 espérés. Choc pétrolier, normes antipollution et absence de version homologuée pour l'Amérique du Nord limitent sa carrière, restée essentiellement européenne. Longtemps jugée « patchwork » (châssis de berline, moteur de course, design très marqué) et à peine cotée, elle est aujourd'hui reconnue comme une icône Alfa des années 70 — et l'une des rares GT italiennes à V8 encore accessibles face aux Ferrari et Maserati contemporaines.
Parce qu'aucune autre Alfa ne réunit ça : un dessin de show-car signé Gandini et un V8 quatre arbres né en compétition. Le son — cette rugosité de moteur de course sous une rondeur de GT — ne ressemble à rien d'autre dans toute la galaxie Alfa, et la présence de la voiture est celle d'un concept-car qui aurait pris la route.
Et parce qu'elle reste, à ce jour, l'un des derniers tickets d'entrée « raisonnables » vers une GT V8 italienne des années 70. Sous-cotée hier, en pleine ascension aujourd'hui : à condition d'acheter une coque saine et une Spica vivante, la Montreal est autant une pièce de musée qu'un placement de conviction.
Le conseil du connaisseur : privilégiez un exemplaire à Spica d'origine et fonctionnelle, coque saine et matching numbers ; une teinte d'époque (Vert Montréal, Orange métallisé) et un dossier de factures moteur valent de l'or.
| Moteur | V8 à 90° 2 593 cm³, 4 arbres à cames en tête, injection mécanique Spica (dérivé Tipo 33) |
| Puissance | 200 ch DIN à 6 500 tr/min |
| Couple | ≈ 235 Nm à 4 750 tr/min |
| Transmission | Propulsion, moteur avant longitudinal, pont arrière rigide |
| Boîte | Manuelle ZF 5 rapports |
| 0 – 100 km/h | ≈ 7,1 s (constructeur) à 7,7 s (mesures presse) |
| Vitesse max | ≈ 220–222 km/h |
| Poids | ≈ 1 270 kg à vide |
| Production | ≈ 3 900–3 925 ex. (1971–1977), dont ~180 en conduite à droite |
En 2026, les projets complets se raréfient et la cote dépend surtout de la qualité de la restauration, de l'état du V8 et de la Spica, de la rareté de la configuration (RHD, couleur d'époque iconique), du matching numbers et de la disponibilité des pièces Bertone :
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La Montreal est animée par un V8 à 90° de 2 593 cm³ dérivé de la Tipo 33 de compétition, à quatre arbres à cames en tête et injection mécanique Spica, développant 200 ch DIN à 6 500 tr/min pour un couple d'environ 235 Nm. C'est ce moteur de course civilisé qui fait toute sa singularité.
La production totale reste juste sous les 4 000 unités : selon les sources, entre 3 917 et 3 925 exemplaires ont été fabriqués entre 1971 et 1977, dont environ 3 737 en conduite à gauche et 180 à 188 en conduite à droite.
Malgré son lien fort avec l'Expo 67 de Montréal, Alfa a renoncé à la commercialiser en Amérique du Nord : il aurait fallu développer une version spécifique répondant aux normes d'émissions et de sécurité nord-américaines, jugée trop coûteuse pour un modèle de niche.
Oui : style signé Gandini, V8 d'origine compétition, production limitée et histoire singulière en font une pièce très recherchée, dont la cote est en nette hausse. La contrepartie est un entretien coûteux — moteur, injection Spica, carrosserie Bertone — qui impose de s'appuyer sur des spécialistes Alfa et un réseau de pièces dédié.
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◍ Parlons-en sur WhatsAppFiche recherchée et recoupée. Sources principales : Wikipédia — Alfa Romeo Montreal · Gazoline — Essai et historique Alfa Romeo Montreal · Ici Radio-Canada — Montréal et Alfa Romeo, indissociables depuis l'Expo 67 · News d'Anciennes — Essai d'une Alfa Romeo Montreal.